Diffusion

Samedi 7 mars 2020 – 16h10

Pays

Yémen

Résumé

La scène se passe au Yémen. Une petite fille entre dans une salle de tribunal, regarde le juge droit dans les yeux et lui dit « Je veux divorcer ». Le film relate l’histoire vraie de Nojoom, dix ans, qui a été mariée contre son gré à un homme de 20 ans son aîné. Un arrangement acceptable et légitime pour tous, dans ce pays où aucune condition d’âge n’est requise pour le mariage.

Mais l’histoire de cette enfant yéménite en quête de justice, c’est aussi celle de Khadija Al-Salami, la réalisatrice du film.
Comme Nojoom, elle fut mariée de force à 11 ans à un homme de 30 ans. Comme elle, elle a mené un combat de petite fille contre les pratiques archaïques de sa famille et de sa tribu, comme elle enfin, elle est parvenue à divorcer. Son parcours hors du commun l’amène depuis à défendre et sensibiliser à travers son cinéma, le droits des femmes et des enfants qui luttent pour leur liberté.

Ce film est l’un des tout premiers tournés au Yémen, par une réalisatrice yéménite. Il a été  sélectionné par des centaines de festivals dans le monde entier et récompensé par plus de 27 prix internationaux. 

Khadija Al Salami

L’ invitée  :

Khadija Al Salami

Khadija Al Salami

Première femme réalisatrice et productrice au Yémen, Khadija Al Salami est née à Sana’a en 1966. Forcée par son oncle à se marier à 11 ans avec un homme de 20 ans son aîné, Khadija s’est rebellée contre les valeurs tribales de sa famille. Elle a osé quitter son mari et réclamer un divorce. Elle a ensuite échappé à la pression sociale grâce à un travail à la télévision locale tout en continuant à aller à l’école le matin.
A 16 ans, une bourse lui permet de poursuivre des études universitaires aux États-Unis. Elle peut enfin échapper à la condition des petites filles yéménites. Elle y obtient brillamment un Master en Production et Direction de Films à l’American University de Washington.
Depuis, Khadija est devenue la première femme cinéaste au Yémen et a réalisé plus de 28 documentaires, la plupart traitant de la condition des femmes et des jeunes filles dans le Yémen contemporain. Ses films lui ont valu de nombreux prix dans le monde entier.

Khadija Al Salami est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages dont «La Rosée du Matin», et «Pleure, ô reine de Saba» (co-écrit avec Charles Hoots), traitant de sa jeunesse au Yémen.

Jusqu’en 2011, elle a occupé le poste de Conseillère de Presse et de la Culture, et Directrice du Centre culturel et de la Communication de l’ambassade du Yémen à Paris.

Entre autres distinctions,  Khadija s’est vu remettre les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur par le Président Jacques Chirac et  de Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres par le Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. Elle a aussi reçu de nombreuses autres distinctions internationales : « Inspiring woman », par la Fondation Mosaic (Washington DC), Médaille d’honneur  du Yo Dona Magazine (en Espagne), prix de la Fondation Prince Claus (Pays-Bas)…

Khadija Al Salami est aussi membre de la prestigieuse Academy Awards (L’académie des Oscars du cinéma de Los Angeles).

Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée

Film de Khadija Al Salami (99′). Réalisation 2015.

Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée
®Photo Khadija Al Salami
Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée ®Photo Khadija Al Salami
®Photo Khadija Al Salami
Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée
®Photo Khadija Al Salami